Inversion, Cumulus

Voici une superbe installation réalisée par le studio de création Cumulus, lors de la Nuit Blanche de Metz. L’installation est composée de  650 fils de laine tendus sur 30 mètres, dans un skatepark sur la surface du Bowl. On peut déambuler autour de cette structure organique flottante, et se laisser hypnotiser par le jeu aléatoire du vent et de la lumière.

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Eadward Muybridge : précurseur de l’art cinétique

Eadweard Muybridge later in life

Eadward Muybridge apparaît comme un des précurseurs majeurs de l’art cinétique. Avant de s’intéresser plus particulièrement à ses oeuvres, voici la définition que propose le dossier pédagogique du centre Pompidou à propos de l’art cinétique :

« Les artistes cinétiques emploient tantôt des moteurs, tantôt des éléments naturels qui provoquent le mouvement. Alors que certains travaillent sur l’espace et la lumière, d’autres axent leurs recherches sur le mouvement pour libérer l’œuvre, tant physiquement que symboliquement. D’autres encore cherchent, au moyen de phénomènes optiques et lumineux, à restituer le caractère instable, changeant d’un monde que l’on donnait autrefois pour fixe et immuable. L’appellation d’art cinétique regroupe des réalisations présentant des caractéristiques communes : mettre en avant une démarche expérimentale, parfois même en rapport avec les découvertes techniques et industrielles, placer la perception du spectateur au centre de l’œuvre, présenter un aspect ludique et spectaculaire qui permet de toucher un large public et, éventuellement, remettre en question la fonction et le statut d’une œuvre d’art. »

Biographie

Eadward Muybridge (1830-1904) est un photographe anglais qui s’est intéressé à la décomposition du mouvement. Originaire d’Angleterre, il immigre aux États-Unis. Ce sont ses photos de la vallée de Yosemite qui l’ont rendu célèbre en 1868. Il signe sa production artistique la plus connue avec Leland Stanford. Jules Marey affirmait que lorsqu’un cheval était au galop, il levait les quatre pattes en même  temps : Leland demande à Muybridge de vérifier cette affirmation en s’engageant dans un travail photographique dont le sujet est un cheval au trot. Pour cela, il développe un dispositif spécial :  il dispose 12 appareils photographiques le long d’une piste équestre blanchie à la chaux ; en les déclenchant à distance par le biais de fils tendus, il obtient les fameux clichés qui confirment la théorie de Marey en 1877 devant la presse convoquée. Muybridge donne également de nombreuses conférences sur la locomotion animale, illustrant ses cours avec son Zoopraxiscope, un prédécesseur du projecteur de cinéma. Il s’agit d’un projecteur qui recompose le mouvement par la vision rapide et successive des phases du mouvement. Ses vastes recherches sur le mouvement humain et animal vont fortement influencer le monde scientifique et les artistes de l’art cinétique.

The horse in motion, E. Muybridge, Leland Stanford

 

First motion picture horse, 1878

Bunuel et Dali : Un chien andalou

Nous avons visionné Un chien andalou, court-métrage muet noir et blanc surréaliste réalisé par Bunuel et Dali en 1929. La lecture du film, sur plusieurs niveaux, m’a énormément confuse.  C’est un exercice assez complexe puisqu’il s’agit en effet d’une succession de scènes surréalistes qui ne semblent pas avoir de lien logiques entre elles, si ce n’est les deux personnages récurrents que l’on y retrouve. Il semble donc extrêmement compliqué d’y trouver une cohérence. D’ailleurs, Bunuel a confié que l’écriture du scénario s’était fait selon le principe du cadavre exquis.  Il se défend de vouloir trouver dans Un chien andalou une explication cohérente, arguant qu’il « ne faut pas chercher de messages rationnels dans une oeuvre irrationnelle. »  Dans l’ensemble, le principal sujet abordé dans le court-métrage est le rapport conflictuel entre un homme et une femme, qui tour à tour s’attirent et se rejettent. Le film se clot sur la mort du double du héros, tué par le héros lui même, et la réunion de l’homme et de la femme qui se retrouvent finalement ensablés vivants. Il est très difficile de suivre le fil conducteur du film, car le temps semble totalement disloqué. Seuls des inter-titres nous renseignent sur les sauts temporels en avant ou en arrière. L’espace temps est particulièrement confus. Le film est  auréolé d’une aura onirique et surréaliste. On peut retrouver des symboles caractéristiques de l’oeuvre de Dali, tels que les fourmis, le piano, l’âne pourri, la Dentellière de Vermeer, le double assassiné…

Certaines images du court-métrage sont susceptibles de choquer un oeil non averti. Il y a en effet un parallèle entre certains motifs, comme celui du nuage passant devant la lune et celui de la lame devant la pupille. Ce jeu d’images se faisant écho traverse toute la production.

Scène de l’oeil et de la lune

Motifs de la mort que l’on retrouve chez Dali

Triangle triangle, limitless

Je vous fait partager ce fantastique site dont le concept est tout simplement hypnotisant : descendre et descendre à l’infini pour voir toujours plus de photos… Ce site regorge d’une base incommensurable de photographies, impossible d’en voir la fin, c’est l’éternité à l’état brut. La présentation est minimale : la photographie, et le nom de son auteur. De quoi rester scotché à l’écran pendant une infinité de temps…

Voici le lien du site : Triangle triangle

Nick Balloon